Après les immenses plages de sable blanc d'Ouvéa, nous voici sur l'île de Maré et ses côtes de rochers rugueux et abrasifs. Changement de décor donc, mais aussi d'ambiance, puisque Maré est sans doute la plus authentique des Loyautés.
Nous
sommes accueillis chez Damas, au cœur de la tribu de Kurine. Ici c'est
rustique : un simple tuyau d'eau pour l'eau courante ou la douche, une
table sous un abris en guise de cuisine, et un grand champ sous les
cocotiers où nous plantons la tente.
Damas
est connu comme le loup blanc ici, il est intéressant, nous passons du
temps à discuter avec lui, et il nous apprend pas mal de choses sur les
coutumes locales, la vie de l'île... Il nous invite à prendre part à la
fin d'une journée festive de sa tribu (journée au cours de laquelle on
joue avec engouement au "Bingo", le loto d'ici) où de bons repas ont
mijoté toute la journée. On a droit à une assiette de crabe de cocotier,
un mets de premier choix ! Nous goûtons également à l'igname, gros
tubercule, sorte de pomme de terre locale pour faire simple. Mais ne
dites surtout pas à un kanak que c'est une vulgaire patate, car cette
racine est sacrée et vénérée, tout un symbole. L'igname est un mets de
choix réservé pour les grandes occasions et les bons repas. Il rythme
d'ailleurs toute l'année : préparation des champs, plantation,
entretien, récolte... Par exemple la saison des mariages a lieu
uniquement au moment de sa récolte, de juin à septembre.
Les
coutumes sont très ancrées et sont très fortes. Le mariage dure
plusieurs jours, c'est l'occasion de grandes réunions familiales parfois
inter-tribus. Dans chaque tribu (voir même entre tribus) beaucoup ont
un lien de parenté, chacun se présente ainsi : "lui c'est le cousin du
neveu de la petite sœur de ma femme, et ben son frère c'est le fils de
mon oncle !" vous avez suivi ? Nous pas tout... Ça semble bien
consanguin quand même...
Ces
moments de partage chez Damas sont l'occasion pour nous de tisser des
liens avec les enfants du coin. On apprécie ! Pas facile jusque là
d'échanger plus qu'un sourire avec les jeunes kanaks.
Nous
partons deux jours en rando à Shabadran. Cette zone reculée du Sud de
l'île, sur la côte, est accessible uniquement à pied via un sentier
plutôt difficile. Les rochers - coraux abrasifs et coupants comme
rarement, ont eu raison de pas mal de paires de semelles à en voir le
nombre déchiquetées sur le bord du chemin... Le décor est superbe tout
le long du sentier. Le Pacifique est agité, beaucoup de houle, des
grosses vagues qui viennent se fracasser contre le platier, une sorte de
replat peu profond qui se termine brutalement par une falaise
sous-marine impressionnante. Quasiment toute la côte est bordée par ce
fameux platier, qui forme également des sortes de piscines naturelles à
débordement. Magnifique !
Shabadran
est sans doute très proche du paradis, une plage de sable fin à l'abri
du tumulte marin grâce à ce rempart de piscines naturelles, des
cocotiers, et des rochers aux formes biscornues. Lorsque le soleil
illumine tout ce décor, des dégradés de bleus fantastiques viennent
couronner le tout, c'est absolument grandiose !
Nous sommes seuls à rester bivouaquer ce soir là, quel bonheur de se retrouver seuls dans un endroit pareil et de se prendre pour Robinson Crusoé le temps d'une journée ! Paysage
incroyable, cocos à volonté (cocos qui auront d'ailleurs raison de
notre opinel...), petit feu à base de feuilles de cocotiers et de cocos
séchées à la nuit tombée sous la lune quasi pleine, là on est au top du
top!
Le
lendemain, de retour chez Damas, nous grimpons dans un bus scolaire
pour rejoindre Tadine et explorer le reste de l'île. La suite, au
prochain épisode !
La bise du paradis !






















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